Alizé café

20 nov 2009

Et on va prendre …
Prendre ce reste
Des sucres roussis aux pistils
Peaux lisses de tomates cerises
Sur un film séchant au soleil

Et on va croire
Collés au tronc, d’un amandier
De faits d’hivers, puisant sa source
D’un puits d’argile une chanson douce
Sur des galets à ciel couvert

Et on va rire à travers champs
À l’ombre d’oliviers millénaires
Tremblants d’un souffle impatient
De sables jetés d’une montgolfière

Et on va seul à contre-jour
Lâcher les fils d’un cerf volant
Bobine de cuivre sur notre amour
Qui se poinçonne à contretemps

Un phare surveille sur une jetée
Nos souffles sur une voile affalée
Ce qu’on peut prendre et redonner
À une lune aux lèvres retroussées

Et on va souder nos mémoires
Sur les restes épiques d’un volcan
Scellant nos briques de nuages blancs
Au rire des promesses illusoires

Et on va prendre
Prendre ce reste
Des sucres de canne au café
Pour un mélange de tendresse
Au bord d’un quai

À embarquer

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